Le mot du curé

Juillet 2020
Le mot du père Antonio

Le 14 juillet, c'est la fête nationale, c'est le jour de la France, cela me rappelle une collègue de travail qui m'a dit que, pour chacun d'entre nous, le jour essentiel de l'année est celui de notre anniversaire, car c'est une journée qui nous est propre. En ce mois de juillet, je vais moi aussi fêter mon anniversaire, un jour qui m'appartient. Cela me donne à réfléchir sur ma vie et je voudrais partager avec vous mon témoignage.

Le vendredi 18 juillet 1969, à une heure et quart du matin, je suis né à Bogota en Colombie, fils aîné d'un jeune couple. J'ai fréquenté l'école paroissiale de mon quartier et là-bas j'ai appris à connaître Dieu et à l'aimer, guidé par l'exemple de mes parents et l'enseignement de cette école catholique. Lors de la préparation à ma première communion, j'ai reçu un petit livret de la biographie de Saint Dominique Savio et j'ai commencé à le prier ; j'ai aussi ressenti pour la première fois le désir de devenir prêtre, j'avais 8 ans. J'ai fait mes études secondaires au Centro Don Bosco à Bogota, à l'école de Don Bosco ! la même école que Saint Dominique Savio, je suis sûr qu'il a fait le nécessaire au Ciel pour que je puisse entrer dans cet établissement. Là-bas j'ai continué à développer ma vocation au collège, mais j'ai abandonné totalement l'idée au lycée, crise de l'adolescence ! Mais j'ai gardé pour toujours une grande dévotion mariale, j'ai appris à aimer Marie à la façon de Saint Jean Bosco. Après mon BAC j'ai obtenu une licence de professeur d'anglais et d'espagnol. En1996, l'année où mon grand-père paternel est décédé, dont j'étais très proche, j'ai vécu un très grand moment de conversion, grâce à une relation avec une amie qui travaillait avec moi également comme professeur d'anglais dans le même collège-lycée. Je me suis confessé et j'ai communié après 12 ans d'éloignement de la pratique religieuse, et comme au jour de ma première communion, en m'approchant de l'Eucharistie, j'ai ressenti de nouveau le désir de devenir prêtre. A la fin de cette année, le 7 décembre, je suis entré au séminaire dans la Communauté de l'Immaculée Conception, où j'ai fini ma formation sacerdotale. Cependant, au bout de huit ans, j'ai quitté la communauté, je suis rentré chez mes parents, et j'ai repris l'exercice de ma profession d'enseignant. Au cours d'une messe dans le lycée où je travaillais, j'ai ressenti encore l'appel à devenir prêtre, à ce moment-là je me suis abandonné aux mains du Seigneur, pour qu'Il fasse de moi ce qu'Il souhaitait, à l'époque j'avais 37 ans. Et de fil en aiguille le Seigneur m'a montré le chemin. Grâce à un ami, j'ai entrepris des démarches pour entrer dans un séminaire aux Etats Unis. Monseigneur Rey est allé en Colombie en 2008, et il a rencontré les membres de mon ancienne communauté, pour l'accueillir en France. Un ami prêtre auquel j'avais fait part de mon appel sacerdotal m'a conseillé de consulter mon ancien supérieur qui m'a parlé de cet évêque qu'il venait de rencontrer et m'a dit : « je vois que tu veux faire une expérience diocésaine à l'étranger, si tu veux je parle à Monseigneur Rey à ton sujet, sinon tu peux continuer ta démarche pour les Etats Unis et je te fournirai tous les documents nécessaires ». J'ai choisi la France, parce que c'était l'inconnu, je ne parlais pas français, c'était très loin, c'était vraiment une aventure de foi. Je suis arrivé en France le 2 mars 2009, et j'ai été ordonné prêtre le 24 juin 2012, et voilà, je suis prêtre, merci Seigneur !

Mes chers paroissiens, le sacerdoce c'est le mystère de l'amour de Dieu pour son peuple, dont Il choisit des hommes capables de donner leur vie pour Lui en servant leurs frères. Je vous demande de prier pour tous ceux qui ont reçu le don du sacerdoce, en particulier pour notre Pape François et notre Evêque Dominique, pour les prêtres qui seront ordonnés cette année, pour Argilio Nieto qui vient d'être ordonné, pour le Père Horacio et moi-même, nous avons besoin de vous, vous avez besoin de nous et Dieu se réjouit de notre soutien fraternel. Que Dieu vous bénisse !


Votre serviteur, Père Antonio